Découvertes sur le gêne VHL (2019)

Découvertes sur le gêne VHL

Betty GARDIE – Maître de Conférence de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes

 

Betty Gardie, lauréate du prix Jacqueline et Robert Zittoun pour ses recherches sur les mutations VHL responsables de polyglobulies, a présenté son actuel projet d’étude des maladies associées aux mutations du gêne VHL : polyglobulies liées à une production élévée d’érythropoietine (hormone qui déclenche la formation des globules rouges), ou maladie de von Hippel Lindau.

Fin 2018, grâce à l’utilisation de techniques de séquençage de nouvelle générarion, et l’étude de sept familles atteintes de polyglobulie,son équipe a mis en évidence la présence d’un exon caché dans le gêne VHL  Cette partie du gêne, dont on ne connaît pas encore la fonction, était restée inconnue jusqu’à ce jour.

On a identifié des mutations dans ce nouvel exon chez ces sept familles polyglobuliques, mais également dans une grande famille de patients atteints de la maladie de VHL, chez laquelle aucune autre altération n’avait été identifiée. Il a été ainsi mis en évidence que la structure du gêne VHL est plus complexe que ce qui avait été décrit, et que cette complexité joue un rôle dans la pathologie. Sachant que cette structure n’est pas conservée chez l’animal, le second but du projet est de mettre en place un modèle de cellules humaines capable de modéliser les pathologies liées au VHL

Utilisant les dernières technologies dans le domaine des cellules souches dites « hiPS » (cellules que l’on est capable de reprogrammer en cellules souches afin de les différencier en tous types de tissus) l’équipe a mis en place une collection de cellules hiPS de patients porteurs de différentes mutations VHL.

Hypotèse que les pathologies liées à VHL ont une origine embryonnaire commune et sont initiées par un même type cellulaire : les cellules migratrices de la crête neurale. Ce sont en effet ces cellules qui migrent dans la rétine et le long du tube neural (aux endroits où apparaissent les hémangioblastomes) et qui vont coloniser le rein pour former les cellules productrices d’EPO (cellules à l’origine des polyglobulies, en contact direct avec les cellules qui évoluent en cancer du rein), les glandes surrénales (à l’origine des phéochromocytomes) et le pancréas.

L’équipe est en train de mettre au point un protocole d’étude de ces cellules qui seront très précieuses dans l’identification des mécanismes en jeu et qui ouvrent une perspective de découverte de nouvelles cibles thérapeutiques.

 

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