Chirurgie robotique en pédiatrie -2019

Chirurgie robotique en pédiatrie

Dr Thomas BLANC – Chirurgien urologique pédiatrique – Hôpital Necker Paris

 

Généralités : Le robot est une interface entre le chirurgien et le patient, qui permet au chirurgien d’être précis. 4666 robots DA VINCI dans le monde, dont 800 en Europe. Quatre générations de robot: 1999, 2006, 2009 et 2014. Cette dernière génération a été surnommée la « Ferrari toutes options ». Ce robot, grâce à son organisation, et à ses bras plus fins, est maintenant beaucoup plus adapté pour la pédiatrie. Au niveau mondial, l’utilisation du robot augmente de 15 à 20% par an. En France, c’est en urologie qu’il est le plus utilisé. Il est aussi utilisé en gynécologie, chirurgie générale, thoracique, cardiaque, mais pas assez en chirurgie pédiatrique.

Pouquoi un robot en pédiatrieC’est le devenir de la chirurgie mini invasive. Plus confortable pour le chirugien que la cœlioscopie par:

  • Ergonomieconfortable, c’est un point très important, surtout dans une chirugie complexe, qui va durer plusieurs heures.
  • Vision 3D HD +zoom (x10) : qui donne l’impression de se « promener » dans le malade.
  • Degré de liberté : les instruments ont exactement la même liberté que les mains
  • Double console : comme dans un avion, un pilote (chirurgien responsable de l’enfant), qui peut passer la main, quand il le souhaite, au co-pilote (interne, chef de clinique…) et la reprendre ensuite. La double console joue aussi un rôle important pour l’information et l’enseignement (comme une auto école)

Organisation du bloc : Tous les robots sont « on line ». Chaque soir, le robot est relié par Internet aux USA. Une mise à jour est faite toutes les nuits. En cas de problème, il est solutionné par les USA, et l’information est ensuite rediffusée

Etapes de formation :

4 mois de formation entre la livraison du robot en juin 2016 et la première intervention qui a eu lieu à Necker le 17/10/2016

  • Manipulation du robot : se familiariser avec la machine, faire des opérations factices afin d’acquérir des automatismes entre le chirurgien et la panseuse.
  • Simulateur : comme dans un avion, on peut répéter les interventions.
  • IRCAD à Strasbourg : Ecole Européenne de chirurgie. Même robot qu’à Necker, et les chirurgiens opèrent sur des cochons
  • Proctoring/chirurgiens experts : rencontres en France ou à l’Etranger. Le but est d’établir une relation de confiance pour voir la façon d’opérer avec un robot dans la réalité, afin que tout soit au point avant d’intervenir sur le premier patient
  • Formation complémentaire de l’équipe : réorganisation de l’emplacement des intervenants, plus éloignés du malade par rapport à une opération classique

 

Déroulement de l’intervention : 

  • Mise en place des trocarts à l’intérieur du patient par des petites incisions. Divers instruments chirurgicaux seront introduits dans ces trocarts tout au long de l’intervention.
  • Docking du robot : les bras du robots sont branchés sur les trocarts.
  • Le chirurgien s’installe à la console et l’intervention commence. Un interne, un chef de clinique, la panseuse suivent le déroulement de l’intervention sur écran. Ils vont changer les instruments, aspirer, amener fil et aiguille…. pour que l’intervention se déroule dans les meilleurs délais. Dans le patient, le geste est très court, mais l’amplitude des bras du robot est très importante.
  • Une fois l’intervention terminée, on range le robot, on retire les trocarts, et on ferme les petits orifices cutanés.
  • Durant l’intervention, le chirugien n’est pas « stérile »: il est dans la salle, mais à quelques mêtres du champ opératoire.

Conclusion : Elargir la chirurgie robotique en pédiatrie : équipes de chirurgie pédiatrique, nouvelles indications, nouvelles spécialités – Programme de chirurgie robotique – Travail collaboratif et multidisciplinaire – Miniaturisation des instruments…

 

(notes prises  par Martine Prioux)

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