Date: le 18 novembre
Objet: Une expérience inestimable qui tire à sa fin
Bonsoir de Reims,
En effet, plus beaucoup de temps avant mon départ. Ce fut vraiment
un voyage magique qui m'a permis de visiter des endroits que je n'aurais
jamais envisagé voir un jour même dans mes rêves les
plus fous. Je dois immédiatement remercier Marie-Andrée
qui m'a laissé partir dans cette folle aventure même si elle
avait une peur bleue qu'il m'arrive un pépin durant ce long périple.
Ce furent 9 semaines enrichissantes remplies d'anecdotes et je suis heureux
de vous avoir eu comme émoins de cette épopée.
Dimanche le 16 novembre:
Décidément, la France pleure mon départ. Je parle
ici du pays dont les nuages m'accompagnent fidèlement peu importe
ou je vais. Si toutes les journées avaient aussi plates qu'aujourd'hui,
je n'aurais pas eu grand chose à raconter. Tout ce que j'ai pu
faire est visiter brièvement Dijon sous mon parapluie sans ma caméra,
trop dangereux de l'abimer.
|
 |
Par la suite, j'ai fait défiler les kilomètres, 449 pour être
exact, pour me rendre jusqu'à une ville appelée Belfort. Il était
6:00 et sous la pluie battante, c'était déja trop tard. Un peu
de télé pour relaxer.
Lundi le 17 novembre:
Le ciel s'est un peu dégagé ce matin et les kilomètres
d'hier m'ont permis d'arriver plus tôt à ma première destination,
le château du Haut Koenigsburg. J'en avais entendu beaucoup de bien et
même Sarah, la fille de Gilles, m'a immédiatement demandé
lors de notre souper si j'y allais puisque je me rendais à Strasbourg.
Juché sur le haut du Mont Koenigsburg, il surplombe l'Alsace et son
imposante stature domine le paysage. Heureusement qu'on fait le trajet en auto
pour monter jusqu'en haut parce que la pente est pas mal raide. Il a été
restauré à la fin du XIXème siècle pour lui redonner
son apparence du moyen âge et dans l'ensemble c'est réussi. Si
je peux me permettre une critique, plusieurs appartements à l'intérieur
ont l'air trop neuf et cette restauration ne m'a pas impressionnée outre
mesure si je compare avec ce qui a été fait dans les nombreux
chateaux que j'ai vu depuis le début.
J'ai contunué jusqu'à Strasbourg et je me suis tout de suite
cru en Allemagne. Tous les panneaux sont en français mais la ville a
un air germanique indéniable. C'est un peu comme la région d'Aoste
en Italie où tous les villages ont un nom français. C'est l'histoire
et la politique qui dicte ces situations bizarres pour moi, mais réelles
pour les habitants concernés.
De toute façon, j'ai adoré Strasbourg avec son imposante cathédrale,
son secteur de la Petite France avec les maisons des tanneurs et le pont couvert
sans toit. J'ai marché longement dans la ville, le long des canaux et
le vieux secteur piétonnier. Les maisons sont vraiment très spéciales
et c'est exactement comme j'ai vu dans les films quand on y voit des maisons
allemandes. J'ai adoré l'ambiance qui y régnait.
Parlant de l'Allemagne, je n'ai pas pu résister et je suis allé
y faire un tour. Complètement perdu, comme un analphabète dans
une bibliothèque! Au moins l'italien et l'espagnol ressemblent au français
mais là, pas l'ombre d'une idée de ce que les panneaux indiquaient.
Heureusement que je ne suis pas allé en Grèce car même leur
alphabet est différent, ça aurait été laid. J'ai
vite rebroussé chemin en suivant la même route qui m'y avait emmené
pour retrouver Strasbourg.
J'ai terminé ma journée avec encore beaucoup de route pour me
rendre à Nancy.
Mardi le 18 novembre:
J'ai débuté ma journée en visitant Nancy sous une petite
bruine. La Place Stanislas est grande et majestueuse avec la statue de Stanislas
au centre, le Palais d'un côté, l'arc de triomphe de l'autre et
les fontaines dans les coins. Je commence vraiment à manquer de qualificatifs
après avoir vu tous ces endroits magnifiques! Malheureusement, la température
ne coopère vraiment pas et limite la marche.
Je ne suis pas resté longtemps puisque je voulais aussi passer plus
de temps à Verdun, un important site témoin de la première
guerre mondiale. C'était la deuxième partie de mon pélerinage
après celui de Caen. J'ai débuté en visitant la citadelle
souterraine à Verdun qui abritait l'état major et servait d'infirmerie
et de point de ravitaillement pour le front. La visite en chariot m'a emmené
dans les tunnels et la présentation, très bien faite, m'a permis
de comprendre l'ambiance qui pouvait y régner.
J'ai ensuite continué vers les champs de bataille qui sont dans la
forêt et où le terrain n'a pas été réparé.
J'ai fait un détour dans un petit chemin qui m'a conduit vers le Fort
de Sauville. On peut y voir les tranchées qui n'ont pas été
comblées et des restants de forts. De plus, le brouillard qui s'était
installé donnait un air lugubre à la scène et le fait que
j'étais seul dans la forêt n'étaient pas rassurant. Je suis
ensuite allé visiter le Fort de Vaux, lieu d'une épique défense
des français et continué jusqu'au Mémorial de Verdun.
Ce dernier contenait plusieurs artefacts de la guerre et des information sur
les acteurs de ce front, aussi bien les français que les nombreuse colonies
qui ont participé. Il y avait un film qui montrait des scènes
inédites pour compléter la visite.
J'ai terminé par l'Ossuaire de Douaumont ou plus de 130,000 soldats
sont enterrés mais le brouillard était tellement épais
que j'ai failli manquer l'édifice imposant. Je ne pouvait pas voir plus
de 30 croix à la fois. C'est vraiment dommage car j'aurais voulu avoir
une vue d'ensemble de ce cimetière. Je vais décidément
aller à la bibliothèque pour y cueuillir plus d'informations.
Ce soir je suis à Reims et je vais continuer jusqu'à Paris demain.
J'ai déjà réservé mon hotel près de l'aéroport
et je doit appeler Renault demain et prendre un rendez-vous pour rendre la voiture,
ça sent la fin.
En passant Guy, je t'appèle demain et on se rencontre. Pas de restants
cette fois, un vrai souper avec du vin et du fromage. N'oublie pas d'aviser
Yolande.
à la prochaine,
Paul
le 22 novembre - poste suivante - Table
des matières
|