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Le dépistage consiste à examiner les individus à risque pour la maladie de Von Hippel-Lindau (VHL) asymptomatiques et ceux dont on sait qu’ils ont le VHL mais qui n’ont pas encore montré de symptômes. Les organes non affectés devraient tout de même être examinés. Les médecins qui connaissent bien certains patients et en considérant leurs antécédents familiaux peuvent faire des changements dans le programme de dépistage. Dès qu’une personne a une manifestation connue de VHL ou développe un symptôme, il faut que l’équipe médicale mette en place le programme de suivi. Des examens plus fréquents peuvent être nécessaires pour suivre le développement des lésions qui ont été repérées. Les personnes qui ont fait le test ADN et qui ne portent pas le gène VHL modifié n’ont pas besoin d'examen supplémentaire. Pour les personnes qui ont atteint l’âge de soixante ans, même si elles sont porteuses du gène VHL, mais dont les examens de contrôle montrent qu'il n’y a toujours pas de manifestations et qui n’ont pas d'enfant VHL, la fréquence des examens d’imagerie peut être espacée à deux ans pour le scanner et à trois ans pour l'IRM. Un examen audiométrique de base a été ajouté au protocole de dépistage et l’imagerie du canal auditif interne (CAI) est indiquée dès le premier signe ou symptôme de perte d’audition, acouphène (bourdonnement dans les oreilles) et/ou vertigo (vertige, perte d’équilibre). L’examen radiologique de la tête par un IRM permet d'observer la région du CAI.
À tout âge : Les familles savent que si elles le désirent, elles et leur généticien peuvent contacter un laboratoire de test ADN connaissant le VHL, pour passer un test. Si le marqueur de la famille est repérable, le test d’ADN pourra révéler quels sont les membres de famille qui ne sont pas en danger et pour lesquels on peut cesser la surveillance. Le test permet aussi de déterminer quels sont les risques pour les membres de la famille qui portent le gène modifié et qui ont besoin d'examens périodiques de dépistage. Prédisposition ne veut pas dire que cela se produira de façon certaine, mais indique quels sont les endroits où les risques sont plus ou moins élevés. Le dépistage précoce et le traitement approprié sont nos meilleures défenses.
Dès la conception Informez l’obstétricien des antécédents familiaux du VHL. Si la mère a le VHL, lisez le chapitre sur la grossesse dans ce manuel et dans le protocole de dépistage. Une future mère qui fait un test génétique quelle qu’en soit la raison, peut demander que la recherche test du VHL soit incluse dans le test. Les résultats des examens prénataux sont habituellement inscrits dans le dossier médical de la mère, pas sur celui de l’enfant. Assurez-vous-en.
A la Naissance : Informez le pédiatre des antécédents familiaux VHL. Il pourra rechercher des signes de perturbation neurologique, de nystagmus (tremblement des yeux : mouvement incontrôlé d'oscillation des globes oculaires), de strabisme, de pupille blanche et tous autres signes qui pourraient être une indication pour consulter un spécialiste de la rétine. Examen de routine de l’ouïe pour le nouveau-né.
A 1 an :
Annuellement:
Entre 2 et 10 ans : Annuellement :
Tous le 2-3ans :
Entre 11 et 19 ans
Annuellement :
Tous les 1-2 ans et en cas de symptômes :
20 ans et plus :
Tous les 2 ans :
Lire aussi
Manifestations communes du VHL
L’âge des premières manifestations varie d'une famille à l'autre et d’un individu à l'autre. Les chiffres présentés dans le tableau 18 donnent l’âge à l'apparition du premier symptôme ainsi que l’âge lors du dépistage sur patient asymptomatique. Grâce au progrès technique, les diagnostics interviennent plus tôt. Ceci n’implique pas qu’il faille agir dès que des lésions sont trouvées, mais qu'il faut surveiller de près leur développement pour agir au bon moment. Le phéochromocytome est très répandu dans certaines familles, alors que dans d’autres c'est le carcinome rénal à cellules claires. Au sein d’une même famille, les individus peuvent exprimer des tumeurs différentes. Les manifestations rares comprennent les hémangioblastomes cérébraux (partie supérieure du cerveau), et dans des cas encore plus rares, la survenance d'hémangiomes dans le foie, la rate et le poumon.
* La fréquence des phéochromocytomes varie énormément selon le génotype. Voir aussi le schéma 13.
Lire aussi :
Recommandations générales de traitements
Il n’existe pas de recommandations générales de traitement. Les choix thérapeutiques ne peuvent être faits qu'après une évaluation précise de l’état général de santé du patient : les symptômes, les résultats des analyses, les études d’imagerie et l'état physique général. Ce qui suit est donné à titre d’information générale sur les traitements thérapeutiques disponibles. Les médecins sont invités à lire Lonser et autres (Lancet 2003 ; 361:2059- 67) pour plus de détails.
Angiomes rétiniens à la périphérie, traitez immédiatement (s'ils sont petits, au laser, s'ils sont importants par cryothérapie). Si l’angiome est sur le disque optique, surveillez la vitesse de croissance. On commence à avoir des choix de traitement pour les tumeurs du disque optique. Le traitement idéal serait un médicament mais à la date de publication (2005), des molécules commencent seulement à être mises en essais cliniques.
Tumeurs du sac endolymphatique : Les patients qui ont une tumeur ou une hémorragie visible sur l’IRM mais qui peuvent encore entendre, nécessitent une chirurgie pour éviter la détérioration de leur état. Les patients sourds dont la tumeur est visible par l’imagerie devraient subir une opération chirurgicale s'ils ont d'autres symptômes neurologiques afin d'empêcher l'aggravation de leurs problèmes d’équilibre. D'autres études devront être faites pour savoir si les patients qui présentent des symptômes cliniques de TSEL mais sans tumeur ou hémorragie visibles sur l’imagerie, doivent subir une chirurgie pour prévenir la perte d’audition ou pour diminuer des symptômes. (Lonser et autres, N.E.J. Med)
Hémangioblastomes du cerveau et de la moelle épinière : Les symptômes liés aux hémangioblastomes dans le cerveau et sur le cordon médullaire dépendent de la localisation et de la taille de la tumeur ainsi que du gonflement qui y est associé ou de la présence d'un kyste. Les lésions symptomatiques se développent plus rapidement que les lésions asymptomatiques. Les kystes provoquent des symptômes plus souvent que la tumeur elle-même. Une fois la lésion enlevée, le kyste disparaîtra mais si une partie de la tumeur reste en place, le kyste se remplira de nouveau.
Carcinome Rénal à Cellules Claires : Grâce aux progrès des techniques d’imagerie, les tumeurs aux reins sont souvent découvertes alors que leur taille est très petite et dans les premiers stades de leur développement. La stratégie pour s’assurer qu’un individu disposera d'une fonction rénale suffisante tout au long de sa vie commence par la surveillance attentive et par le choix de n'opérer que lorsque la taille de la tumeur ou la vitesse de sa croissance suggère qu'elle peut devenir métastatique (environ 3 cm). La technique de chirurgie qui permet de sauvegarder le rein, est largement décrite dans cet ouvrage. L’Ablation par Radio Fréquence (ARF) ou la cryothérapie peuvent être envisagées.
Phéochromocytome : Chirurgie après blocage spécifique par un médicament. L'adrénalectomie partielle par laparoscopie est la solution à privilégier. On prendra des précautions particulières pour toute opération chirurgicale pendant la grossesse et lors de l’accouchement. Il y a débat sur la prudence qui consiste à ne pas intervenir pour les phéos qui ne semblent pas actifs. Dans les cas de phéos de petite taille, le NIH Américain surveille généralement jusqu’à ce que les catécholamines urinaires dépassent deux fois la normale (même si les catécholamines plasmatiques sont élevées).
Tumeurs Pancréatiques Neuroendocrines : Il faut une analyse attentive pour faire la différence entre les cystadénomes séreux et les tumeurs pancréatiques neuroendocrines (TPNE). Les kystes et les cystadénomes n’ont généralement pas besoin de traitement. Une résection devra être envisagée en cas de TPNE de plus de 3cm dans le corps ou la queue du pancréas, ou de plus de 2 cm dans la tête du pancréas. (Lonser et autres, Lancet).
Se préparer pour le test des phéos :
Faire un test de recherche des phéochromocytomes est de la plus haute importance préalablement à toute opération chirurgicale et à tout accouchement. Subir l’une ou l’autre de ces épreuves stressantes dans l'ignorance d'un phéo peut être extrêmement dangereux. Lorsque les médecins savent qu’il y a un phéo, ils peuvent prendre des mesures préventives pour assurer la sécurité du malade ou celle de l’enfant à naître. L'analyse de sang et d’urine sont les meilleurs moyens de détecter la présence d’un phéo actif et pour savoir si un scanner complémentaire doit être fait pour trouver ou pour localiser la tumeur. Les tests de sang et d’urine sont plus fiables quand on prend soin de deux choses : un régime avant le test et la bonne conservation de l’échantillon d’urine du début du prélèvement jusqu'à la fin de l'analyse au laboratoire. Pour obtenir le meilleur résultat possible sur une analyse d’urine de 24 heures, il est impératif que le patient – c’est vous ! - suive scrupuleusement les instructions qui lui sont données pour le test de phéo. Les centres d'analyse ne donnent pas tous, ces instructions aux patients et tous les patients ne les suivent pas consciencieusement. Les différences dans les instructions peuvent provenir de différences dans les méthodes d’analyse. Si le personnel de laboratoire vous donne des instructions, c’est super ! Sinon, demandez-leur si les instructions ci-après permettent de s’assurer que l’échantillon soit frais et que les niveaux des produits chimiques qu’ils recherchent ne sont pas artificiellement influencés par des éléments de votre régime. Il est aussi très important que l’urine soit soigneusement conservée au frais pendant toute la période des 24 heures de recueil, soit apportée fraîche au laboratoire et soit traitée immédiatement. Certains portent le conteneur dans un sac isolant ou l'entourent avec un ou plusieurs sachets réfrigérants.
Se préparer pour l'analyse de sang :
Ne prenez aucun médicament, y compris l’aspirine et le paracétamol, à l'insu ou sans l'accord du médecin qui a demandé le test. Parlez lui notamment, de la théophylline (principe actif de le feuille de thé), des antihypertenseurs (médicaments contre la tension artérielle) comme le méthyldopa (ALDOMET), le L-Dopa (MODOPAL, SINEMET, STALEVO) tous les antidiurétiques, les pilules contraceptives, les patches de contraception ou pour cesser de fumer, les antidépresseurs de toute sorte. La théophylline se trouve dans le thé et quelques autres compléments à base de plantes. Ne prenez rien d'autre que de l’eau à partir de 22h, la veille de votre prélèvement sanguin et ne prenez aucun médicament ce matin-là sauf accord du médecin qui a demandé le test. S'il vous a été demandé de ne pas prendre vos médicaments ce matin-là, emportez-les avec vous de sorte que vous puissiez les prendre aussitôt après le prélèvement. Si vous êtes fumeur, vous ne devriez pas fumer le jour de l’examen. Si vous avez des questions concernant votre régime, veuillez consulter votre médecin. L'examen dure environ 45 minutes, en général. Pour assurer la fidélité des résultats, il est important que vous soyez tranquille et au calme pendant les 20 à 30 minutes qui précèdent la prise de sang. Apportez un livre pour lire ou votre baladeur avec votre musique préférée, quelque chose que vous trouvez relaxant. Il pourra vous être demandé de vous étendre tranquillement sur une table 20 minutes avant que le test ne commence.
Préparation pour le recueil d’urine sur 24 heures :
Test de l’acide vanylmandélique (AVM) : Ce test n’est plus employé car il ne mesure pas les métanéphrines fractionnées.
Pour la recherche des Catécholamines, Métanéphrines, Epinéphrine, Norépinéphrine : évitez de fumer et de prendre des médicaments, du chocolat, des fruits (particulièrement des bananes) et de la caféine le jour du test. Pensez à dire à votre médecin et au technicien quels médicaments vous prenez, y compris les antidépresseurs.
Instructions pour le recueil des urines : Ne commencez pas le recueil un vendredi ou un samedi afin de pouvoir rapporter votre échantillon au laboratoire un jour ouvré et de vous assurer qu'il pourra être traité rapidement.
*Si un agent de conservation (acide) a été mis dans le récipient, prenez soin de ne pas le mettre en contact avec la peau. Si cela arrive, nettoyez immédiatement la zone de contact avec de l’eau.
Chapitre 6
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