Radiofréquence et cryothérapie (2015)

Professeur Jean-Michel CORREAS  – Urologue  – Hôpital Necker Paris

 

Le rein est un des organes les plus complexes: peu de tissus, beaucoup de compartiments très vascularisés. Il a pour fonctions de filtrer l’urine et d’éliminer les toxines. Un quart du débit cardiaque passe par le rein.

Depuis plus de 10 ans,  le Professeur Stéphane RICHARD a mis en place, à l’hôpital Necker, une équipe de médecins spécialistes ( néphrologues, urologues, radiologues ). Chaque dossier de patient sera examiné en commission RCP ( Réunion de Concertation Pluridisciplinaire )

Pour traiter les tumeurs du rein, outre la chirurgie, d’autres techniques sont utilisées, principalement la radiofréquence et la cryothérapie. Le but étant de préserver le rein au maximum, mais aussi les organes qui l’entourent ( tube digestif,  foie, poumons. ..)

BILAN PRÉ INTERVENTION:

–  un bilan sanguin,  un scanner, une IRM et une échographie sont les examens effectués avant l’intervention. L’imagerie permet de reconstituer le rein dans tous les plans de l’espace, et la fusion des trois permet au radiologue de bien positionner les électrodes.

– une consultation pré intervention est proposée au patient pour lui expliquer le choix et le déroulement de l’intervention.

RADIOFRÉQUENCE :

Technique visant à brûler les tumeurs. L’émetteur émet des ondes radio et provoque un échauffement. La pose des électrodes est un acte délicat afin de ne pas brûler les tissus avoisinants.  Lorsque les tumeurs sont mal situées, la pose des aiguilles peut prendre plus de temps que l’intervention proprement dite.

Taux de réussite : pour les tumeurs entre 18 et 23 mm, le taux de succès primaire est de 95% ; entre 25 et 30mm, le taux est de 90% ; et pour les tumeurs plu grosses ( jusqu’à 6cm ) le taux descend à 80%.

Un contrôle par imagerie est pratiqué 2 mois après l’intervention afin de vérifier qu’il n’y a pas de tumeur résiduelle ou récidivante. Dans ce cas, une nouvelle radiofréquence peut être programmée rapidement.

Cette technique permet d’intervenir aussi sur les nodules du rein après chirurgie, et sur les métastases des surrénales.

CRYOTHERAPIE:

A l’inverse de la radiofréquence, les tumeurs sont congelées entre -60 et -90°. Lorsque les électrodes sont en place, on envoie de l’argon. Cependant, il y a un inconvénient à cette technique : entre 0 et -20°, les tissus sont abîmés mais non détruits, d’où une perte de tissus plus importante que lors d’une radiofréquence

CONCLUSION :

Radiofréquence et Cryothérapie sont deux techniques qui permettent d’intervenir plusieurs fois sur le rein, contrairement à la chirurgie. Elles sont pratiquées sous anesthésie locale et donc recommandées aux patients qui n’ont plus qu’un rein, aux patients atteints d’une insuffisance rénale, aux patients ayant subi une nephrectomie partielle, ainsi qu’aux patients ayant un cancer du rein héréditaire dont la maladie de VHL fait partie. La durée d’hospitalisation est courte ( 48 heures )

Il est primordial d’effectuer un suivi régulier. Plus les tumeurs sont petites, meilleur est le taux de réussite primaire.

Photos AG 2017

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