VITESSE DE DEVELOPPEMENT DES TUMEURS ET VHL (Février 2014)

Par le Dr Ramaprasad Srinivasan, Responsable des thérapies moléculaires du cancer – branche Oncologie-Urologie. Institut National du Cancer (USA)

Le Dr Srinivasan est un médecin oncologue qui travaille avec les urologistes à l’Institut National du Cancer (USA). Il participe à la création de la Task Force d’essais cliniques. Son objectif est d’explorer les façons de gérer le VHL avec le but de remplacer ou de retarder les opérations chirurgicales par des traitements médicamenteux.

La meilleure pratique dans le traitement des patients VHL est de réduire le nombre d’opérations chirurgicales tout en prévenant les maladies métastatiques, afin de permettre aux organes, tels que le rein, de continuer à fonctionner. La vitesse de croissance des tumeurs varie à l’intérieur d’une même personne. Un individu peut avoir différents taux de développement des tumeurs à des périodes différentes aussi bien que des taux différents entre tumeurs dans différents organes. Ceci rend très difficile de prédire la vitesse de développement des tumeurs surtout à 5 ou 10 ans. Les cliniciens se servent de leur meilleure estimation en prenant appui sur leur expérience clinique.

Les mesures rapportées dans les études sur la vitesse de croissance des tumeurs ont pour base la « longueur du diamètre » des tumeurs solides. On est sur le point de développer des logiciels qui nous permettent de mesurer le volume mais du fait qu’elles ont des formes qui varient, toutes les études et les recommandations utilisent la mesure du diamètre le plus long.

Une mesure de 3 cm ou plus  (le diamètre le plus fort) nécessite généralement une résection chirurgicale. Un taux de croissance plus rapide (que la moyenne) peut être une indication d’opération pour des tumeurs de taille inférieure. Si la tumeur est principalement kystique on peut retarder la chirurgie au-delà du seuil de 3 cm.

Les autres facteurs à prendre en compte sont le nombre d’opérations, la fonction rénale, la présence ou l’absence de maladie métastatique et le taux antérieur de développement des tumeurs. A la base, il faut se demander « Qu’avons-nous à gagner à opérer maintenant ? On ne sait toujours pas en matière moléculaire, ce qui fait régresser ou métastaser les tumeurs. Cependant les grosses tumeurs ont plus de chances d’avoir des facteurs qui leur permettent de se répandre.

Le premier article sur la vitesse de croissance des tumeurs par le NIH (USA : Institut National de la Santé) est sorti en 1992 et a montré que la vitesse de croissance allait de 3 mm à 1,6 cm par an et que la vitesse moyenne est de 3-4 mm par an. Une étude allemande ultérieure a confirmé les résultats du NIH. Cela veut dire que les médecins estiment une vitesse de croissance de 3-4 mm par an pour prendre des décisions concernant le traitement et la programmation des examens et imageries. On peut calculer une vitesse de croissance pour chaque individu ; on fait 3-4 mesures sur une période. Cependant malgré cela, on ne peut prédire le taux actuel de croissance. Souvent les tumeurs grossissent par paliers avec des périodes d’absence ou de faible croissance suivies de périodes de fort développement. Il s’ensuit que les 2 ou 3 premières images devraient être prises avec un intervalle comme l’année sauf si les tumeurs sont très petites.

 

Traduit de l’anglais par JJ CRAMPE

Manuels de référence VHL

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